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1er août 2016 - Discours de la syndique

Monsieur le Président du Conseil Communal,
Madame et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs les Conseillers Communaux,
Chers Collègues,
Chères Veveysannes et chers Veveysans,
Chères Confédérées et chers Confédérés,
Chères habitantes et chers habitants de notre belle région,
Chers visiteurs,

J’ai maintenant le plaisir et l’honneur de vous apporter les salutations de la Municipalité de Vevey en cette journée du 1er août 2016.

Au nom de la Municipalité de Vevey, je vous souhaite

Bienvenue
Herzlich Wilkommen
Benvenuti
Cordial Bienvegni 

Le 1er août, jour de fête nationale, est une fête importante pour  nous tous, citoyennes et citoyens suisses de longue date, confédérés plus récemment naturalisés, ou, simplement, résidants de longue date de notre pays.

Le 1er août est d’abord une fête populaire, ancrée depuis 1899 dans l’agenda social suisse.

A la mi-été, c’est un moment propice pour se retrouver, en famille, avec des amis ou des connaissances, avec des voisins.

Nous partageons alors un vrai moment de convivialité et d’échange.

Nous renouons des liens qui se sont parfois distendus.

Autour d’un feu, au bord d’un lac ou au milieu d’une prairie, avec des lampions bariolés, nous nous retrouvons avec une simplicité qui nous rappelle notre enfance, dans une forme d’insouciance.

Mais le 1er août est aussi un moment de réflexion, plus profond et moins léger.

Les discours qui seront prononcés tout au long de cette journée et au travers de notre pays évoqueront l’actualité nationale, peut-être, avec l’inauguration du Gothard, expression même de certaines valeurs suisses, soit un pays clairement au cœur de l’Europe, mais en même temps retranché dans un massif alpin.

Ils évoqueront peut-être aussi l’enjeu de l’enseignement des langues nationales, ciment de la cohésion nationale, mais ciment pourtant fragile.

Ces discours mentionneront sans nul doute aussi les actualités européennes et mondiales :

• le Brexit et le devenir de l’Union Européenne, voisin indispensable de la Suisse mais voisin actuellement en crise,
• la guerre au Moyen Orient, les actions terroristes et leur lot d’horreurs,
• les difficultés économiques de nombre de pays,
• peut-être même les enjeux climatiques.

Toutes ces actualités, souvent et objectivement peu réjouissantes, mettent en évidence que la cohésion, la solidarité entre les peuples et les gens qui les composent, n’est de loin pas acquise.

Cette actualité montre aussi que lorsqu’une forme de cohésion est atteinte, celle-ci reste fragile. Elle doit en permanence être rappelée et promue.

Ce sont en effet,  bien la cohésion et la solidarité, bien sûr entre Confédérés, mais aussi et plus simplement entre habitants d’une même région, qui sont fêtées le 1er août.

C’est clairement ce souci de renforcer la cohésion nationale qui a poussé le Conseil Fédéral, à la fin du 19 siècle, à choisir un texte fondateur et rassembleur, le pacte de 1291, et une date, le 1er août, pour fêter ensemble une journée de fête nationale.

L’époque n’était alors pas exempte de risques pour la cohésion de la Suisse moderne, entre tensions culturelles, religieuses et linguistiques.

Ce souci de cohésion est aujourd’hui plus que jamais d’actualité et contemporain.

A tous les niveaux, local, national et aussi international, cette cohésion est mise à mal.

Les efforts de ceux qui tentent de rassembler sont contrés avec vigueur par les efforts de ceux qui cherchent à diviser.

Comme en 1291, mais sous d’autres formes, nous vivons dans un contexte et une actualité troubles, marqués par des tensions fortes, entre Etats, entre religions, entre membres d’une même collectivité.

D’un point de vue politique et sociétal, c’est cette responsabilité de promotion de la cohésion, de la solidarité et du vivre ensemble, que je retiens aujourd’hui du pacte de 1291.

Un mot résume cette responsabilité :

Ensemble
Zusammen
Insiemme
Ensemen

Quel sens voulons-nous, aujourd’hui, donner à ce mot de cohésion ?

Sur quel périmètre veut-on faire porter l’effort de cohésion ?

Sommes-nous prêts à y associer le nécessaire effort de solidarité, pendant indispensable de toute cohésion ?

Ou au contraire voulons-nous réserver cet effort de cohésion et de solidarité à un cercle restreint de bénéficiaires ?

Chacun y donnera sa réponse.

Mais il faut être clair, le vivre ensemble n’est possible qu’à la condition d’œuvrer résolument en faveur de la cohésion et de la solidarité, et ceci à tous les niveaux, de la proximité immédiate d’un immeuble ou d’un quartier jusqu’à la promotion de la cohésion entre les pays.

Ce travail n’est, ni évident, ni gratuit. Il est même souvent ingrat.

Il faut savoir écouter et comprendre l’autre, qu’il s’agisse d’un voisin de palier, d’un membre d’un autre bord politique, d’un membre d’une autre culture ou religion, en bref de toutes les formes de l’altérité.

Il faut accepter d’interroger ses propres convictions.

Et la promotion de la cohésion et de la solidarité dépassent certainement les seules frontières nationales.

Si elles étaient probablement adaptées en 1291 ou encore 600 ans plus tard en 1891, ces frontières ne sont aujourd’hui clairement plus suffisantes pour appréhender l’enjeu de cohésion.

La cohésion et la solidarité devront en effet être réaffirmés à plusieurs niveaux.

A l’échelle des quartiers et des communes,
entre différentes générations,
entre différentes cultures et religions,
à l’échelle des régions de notre pays,
entre notre pays et ses voisins,
entre l’Europe au sens large et le reste du monde.

C’est au prix de cet effort que nous pouvons espérer que les actualités reprises lors des Fêtes nationales, ici et ailleurs, pourront être meilleures.

Le 1er août, journée de la cohésion nationale, nous permet d’élargir cette réflexion sur les périmètres et les modalités de la cohésion entre nous tous, citoyens d’un quartier, d’une commune, d’un pays, d’un continent, d’une terre.

Je vous le disais, le 1er août est un moment de réflexion, ancré dans l’histoire, mais aussi tourné vers demain.

Il est aussi un moment de fête.

Je souhaite maintenant remercier toutes celles et ceux qui ont œuvré pour faire de ce 1er août une réussite.

Plusieurs personnes, sociétés locales, associations se sont ainsi mobilisées.

Je ne saurais tous les remercier. Je tiens toutefois à mentionner le travail :

• de la Société de développement de Vevey
• des sociétés de sauvetage Vevey-Vétéran et Vevey Sentinelle
• de l'harmonie municipale La Lyre 
• des divers services de la Ville de Vevey
• et surtout de tous les bénévoles qui ont tous œuvré sans relâche ces jours.

Il est temps maintenant que je vous souhaite à vous toutes et tous, ainsi qu’à vos familles,

une joyeuse fête
ein fröhliches Fest
una bella festa
ina biala fiasta

Bon premier août
Merci de votre attention.